Geneviève Barbier
–Le viaduc de Garabit, œuvre de Gustave Eiffel dans les roches métamorphiques de l’unité supérieure des gneiss dans la vallée de la Truyère.


-Ces roches sont des reliques des racines de la chaine Hercynienne (360 -290 Ma) -Le massif Hercynien (ou varisque) va naître de la rencontre du Gondwana avec la Laurasie pour former une chaîne de montagnes immense et très haute (8000 m) et un immense continent nommé Pangée .


-Au niveau de la France, ces deux océans sont entrés en subduction sous Armorica en sens opposé : d’abord l’océan du Massif central, aussi appelé océan Galice–Massif central ou océan médio-européen, dès le Silurien (de 450 à 430 Ma), puis l’océan Rhéique, situé entre Laurussia et Armorica au Dévonien (vers 380 Ma).
-Après ce sera au tour des bordures des continents Gondwana et Laurussia d’entrer en subduction.
-En s’enfonçant les roches océaniques et continentales vont subir du métamorphisme (par pression et chaleur).

Chaîne Hercynienne vers 300 Ma après subduction des 2 océans et des bordures de Gondwana et Laurussia
Zone sud
-Le Massif central et le Massif armoricain (concernant sa zone sud) se situent sur la branche sud de la chaîne Hercynienne). Ce sont des zones très métamorphisées.
-La zone de transition océan / continent et l’océan Galice /Massif Central sont d’abord entrés en subduction entre 450 et 430 Ma sous Armorica puis se sont métamorphisés entre 420 et 400 Ma au Dévonien
-Ensuite c’est la marge du Gondwana qui est entrée en subduction sous Armorica entre 430 et 410 Ma.

-La partie concernant l’océan et sa marge amincie qui était entrée en subduction la première s’est scindée et a chevauché la lithosphère continentale de Gondwana pour former « l’unité supérieure des gneiss » (USG).
-Celle chevauchée, c’est « l’unité inférieure des gneiss » (UIG) d’origine continentale (bordure nord de Gondwana).
-Les gneiss dans les deux unités présentent des différences.
-Entre les deux unités du gneiss s’insèrent « les véritables roches de la croûte océanique » présentes en Bretagne (schistes bleus de l’île de Groix) mais on trouve des roches du manteau dans le massif Central. (péridotites serpentinisées comme au suc de Clava en Ardèche).
-A Garabit, nous étions dans cette « unité supérieure des gneiss » dans le complexe leyptino-amphibolites avec des leyptinites (anciennes rhyolites datant de l’étirement de la croûte avant l’ouverture de l’Océan Galice / Massif central associées à des amphibolites, anciennes laves basiques) donc des roches bien plus anciennes que la chaîne Hercynienne (490 à 480 Ma) et métamorphisées au moment du début de la formation de cette dernière (420 à 400 Ma).
-Pegmatite Garabit
-Le long de la route tout près du viaduc ont été observées des pegmatites à gros cristaux.
-Nous sommes ici tout près du gros pluton de granite de la Margeride qui date du Carbonifère supérieur (315 -305 Ma)
-Margeride : 315 Ma
-Les Monts de la Margeride sont constitués de granite issu de la fusion partielle de croûte continentale (donc alumineux) + une petite part de sources ferro -magnésiennes profondes.
-C’est un granite syn-collision ou extensif selon les auteurs.

– Granite de la Margeride : Il s’agit d’une laccolite (gros pluton en forme de galette) de 5 kms d’épaisseur : cette laccolite représente l’un des plus grands affleurements de granite en France après le granite du Velay et celui de Guéret.
-Autrefois située en profondeur, la laccolite est remontée et l’érosion a dégagé les sédiments qui la recouvraient. Le granite affleure partout.
-Il possède des macles de Carlsbad à orthose dit granite dit à dent de cheval.
-Rapport entre le pluton de granite de la Margeride et les pegmatites situées près du viaduc de Garabit.

D’après un schéma concernant le granite de Camaret dans les Maures
« -les pegmatites sont des “jus résiduels” qui se forment lors de la cristallisation d’un magma granitique. Lors de son refroidissement, le magma va perdre son eau qui s’accumule en périphérie du pluton granitique (formation de chevelus).
-Ces fluides résiduels vont servir de poubelle géologique en quelque sorte : elles accueillent tous les éléments qui ne peuvent pas être incorporés dans le granite (terres rares, métaux lourds, béryllium…). » (Géoforum)
-Du fait de la présence des fluides résiduels, la cristallisation est très lente avec de gros cristaux.
Bibliographie
– « Structure et évolution prépermienne du Massif Central » de Michel Faure ( 3 documents) de 2020
– « La chaîne varisque en France, un édifice multicollisionnel et polycyclique de Michel Faure » (5 documents ) 2021
– « Geologie de la France » de Quesne et Kersuzan (omnisciences) 2018
-« Le Massif Central ,témoin de la chaîne varisque ouest-européenne » de Patrick Ledru, Michel Faure, Vincent Bouchot (revue « géologues » 130/131).
-« La chaîne varisque dans le Massif Central » (congrés 2015) : régionale Orléans-Tours .
______________________________________________________________________________
