Organisation : Marcel Barlet. Compte-rendu : Hugues Piolet. Photos : Denis Polosse, Bernard Senges et Hugues Piolet.

JOUR 1

Malgré l’heure matinale, tout le monde était au rendez-vous fixé par Marcel, notre guide pour cette excursion dans le Cantal. C’est un groupe de treize personnes qui s’est réuni au café «Chez Tonton», à Massiac, mais ce chiffre fatidique n’a pas eu trop de conséquences désastreuses.
Après avoir avalé un café, nous avons gravi le plateau de Chalet, une ancienne coulée basaltique coupée en deux par la rivière Alagnon. Là-haut, au bord d’une vertigineuse falaise, la chapelle Sainte-Madeleine (12e siècle) fait face à Massiac et aux monts du Cantal.

La chapelle Sainte-Madeleine, surplombant Massiac et les gorges de l’Alagnon.

Nous avons ensuite remonté les gorges de l’Alagnon pour gagner Neussargues et son Rocher de Laval, vestige d’un ancien lac de lave, que l’on peut admirer depuis un observatoire aménagé au bord de la nationale 122.

Situées un peu plus loin, les grottes de Cuzers sont des abris sous roche percés par de petites résurgences sur les flancs d’une coulée basaltique. Mais seuls quelques-uns d’entre nous ont pu les atteindre, car faire manœuvrer six voitures sur un étroit chemin de campagne s’est révélé difficile.

Les grottes de Cuzers, près de Neussargues, furent habitées à la Préhistoire.

Après avoir expédié le pique-nique, nous nous sommes dirigés vers la carrière de diatomite de Foufouilloux, dans les environs de Murat. Nous avions rendez-vous avec un cadre de la société Imerys qui exploite le site. Tout en observant le ballet des engins qui s’affairaient à la renaturalisation du site, nous avons eu droit à un cours complet sur «l’or blanc de Murat», une roche siliceuse rare qui a pour origine les diatomées.

La carrière de diatomite de Foufouilloux-Virargues. La diatomite, ici de couleur grise, est visible au centre de l’image.

Ces minuscules algues fossiles vivaient dans les lacs d’eau douce qui avaient rempli certains maars d’Auvergne. Grâce à elles, la France est le cinquième producteur mondial de diatomite, un produit de haute qualité utilisé comme abrasif, isolant, absorbant ou pour la filtration.
Quelques kilomètres plus loin, nous avons escaladé deux des trois necks de Murat, pitons basanitiques alignés sur une même faille et qui sont surmontés d’églises médiévales.

Intérieur de la chapelle Saint-Antoine, sur le neck de Chastel-sur-Murat.


Après cette journée bien chargée, nous avons enfin posé nos bagages à l’hôtel Le Plomb du Cantal, à Albepierre-Bredons. Le repas du soir nous y attendait, précédé bien sûr d’un petit apéritif au salon.

JOUR 2

La météo de ce mardi n’étant pas favorable, Marcel a reporté au lendemain l’ascension du Puy Mary et nous sommes passés directement au programme prévu pour le jour 3 : une grande boucle passant par le flanc sud du volcan.
Première étape : la planèze de Saint-Flour, vaste plateau volcanique entaillé par les gorges de l’Ander. À la sortie même de la ville, le bord érodé de la planèze (ancienne coulée de lave) laisse apparaître de monumentales orgues volcaniques. Des fissures de rétractation horizontales, visibles dans certains prismes basaltiques, ont suscité beaucoup d’étonnement dans notre groupe.

Les orgues volcaniques de Saint-Flour

L’étape suivante nous a fait découvrir le célèbre viaduc de Garabit, un pont ferroviaire métallique construit par la société Eiffel entre 1880 et 1888. Cet ouvrage de 565 m de longueur enjambe les gorges de la Truyère, aujourd’hui remplies par le lac du barrage de Grandval.

Le viaduc de Garabit, conçu par Léon Boyer et réalisé par Gustave Eiffel.

Nous avons ensuite rejoint la petite cité de Chaudes-Aigues, connue pour héberger une trentaine de sources thermales, parmi les plus chaudes d’Europe. Après un pique-nique à la source du Lavoir (ou source Lestende, qui jaillit à 62 °C), nous nous sommes dirigés vers la source du Par, la fontaine la plus brûlante avec ses 82 °C.

La source du Par, la plus chaude de Chaudes-Aigues.

Juste à côté, la médiatrice de «Geothermia, le musée de la géothermie et du thermalisme», nous attendait pour une visite privée. Nous avons alors découvert le système de chauffage urbain naturel de Chaudes-Aigues, l’un des plus anciens du monde, dont les habitants profitèrent de 1332 à 2009. Notre groupe fut surpris d’apprendre que la chaleur de l’eau ne provient pas du volcan du Cantal, mais de la radioactivité des roches du sous-sol.

Jusqu’au milieu du 20e siècle, les canalisations de chauffage urbain de Chaudes-Aigues étaient en troncs de pin évidés.

Pour finir notre boucle, nous avons roulé jusqu’au Rocher de Carlat, une portion de plateau basaltique isolée par l’érosion. Ce Rocher portait jadis une forteresse immense, réputée être «la plus formidable citadelle de tout le midi de la France». Hélas, non seulement la forteresse a disparu depuis la Renaissance, rasée sur ordre d’Henri IV, mais en plus le site était fermé lors de notre passage…

Belles maisons anciennes à Carlat.

Après un rapide coup d’œil, nous avons donc regagné notre hôtel en remontant l’ancienne vallée glaciaire de la Cère.

JOUR 3

Bien que le plafond nuageux soit encore bas, nous avons tenté l’ascension du Puy Mary, cinquième sommet des monts du Cantal, avec ses 1 783 m. Mais si le Puy Mary est l’un des sites les plus fréquentés de France, avec 500 000 visiteurs par an, il est aussi… l’un des plus arrosé.

Le Puy Mary dans la brume.

Par chance, pas de pluie ce jour-là, mais la brume au sommet nous a empêché de découvrir le panorama, et en particulier, les sept vallées glaciaires qui partent en étoile depuis son sommet. Bien que l’ascension soit courte (704 m de distance), la pente est néanmoins raide (195 m de dénivelé), avec des marches en béton assez hautes. Mais la plupart d’entre nous ont atteint le sommet ! (Applaudissements).

Au sommet du Puy Mary.


Au retour, un arrêt à l’observatoire du col de Serre, 700 m plus bas, nous a enfin permis quelques observations géomorphologiques, car nous étions repassés sous les nuages.
Une partie du groupe s’est alors dirigé vers Murat, pour une promenade tranquille dans la vieille ville, tandis que d’autres suivaient Marcel pour une découverte des tourbières de Chastel-sur-Murat.

Les prismes volcaniques du rocher de Bonnevie, à Murat, sont les plus fins de France.


Le temps s’étant entretemps dégagé, c’est sous le soleil que s’est déroulée la randonnée des quatre tourbières (5,3 km au départ du hameau de Lapsou). Le plateau bosselé était couvert de fleurs printanières qui ont fait la joie des amateurs et amatrices de botanique.

La tourbière de Champagnac.

JOUR 4

Pour achever notre séjour en beauté, il ne restait plus qu’à faire l’ascension du Plomb du Cantal, point culminant du stratovolcan (1 855 m). Au départ du col de Prat de Bouc, c’est une randonnée assez facile, mais plus longue que celle du Puy Mary. Il faut compter 6 km pour faire l’aller-retour du parking au sommet, avec 467 m de dénivelé.
Le sentier, peu entretenu, est très raviné par le piétinement des nombreux marcheurs qui l’empruntent, car le site à peine moins fréquenté que le Puy Mary. Cela n’a pas empêché notre groupe de l’attaquer vaillamment, et si tous n’ont pas atteint le sommet, la plupart ont accompli les deux tiers du parcours. Afin de sauver l’honneur de la Drôme-Ardèche, deux volontaires se sont dévoués pour continuer jusqu’au bout et planter la bannière du CESN près des tables d’orientation. En récompense de cette victoire, c’est un panorama à 360° qui s’est offert à eux, sous un soleil éclatant.

Vue du sommet du Plomb du Cantal, en direction du sud-est. Le col de Prat de Bouc est visible sur la gauche de l’image.
La pulsatille rouge ou anémone rouge (Pulsatilla rubra).
Désolé pour cette carte un peu bâclée…!
Voyage-découverte dans le Cantal, du 18 au 21 mai 2026
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