Sortie organisée par Philippe Ducros. Photos et compte-rendu : Hugues Piolet

Nous sommes arrivés au barrage de Serre-Ponçon le 4 avril au matin. Le niveau du lac était au plus bas, et les rives habituellement sous l’eau étaient ce jour-là largement découvertes. On se serait crus en Bretagne un jour de grande marée. Sauf que sur cet estran alpin, aucune végétation ne pousse. On n’y trouve que des pierres et des millions de petites coquilles de moules d’eau douce qui craquent sous les pieds.
En ce samedi 4 avril, le niveau du lac se trouvait à 758,33 m d’altitude, c’est-à-dire presque 22 m en-dessous du remplissage maximal (780 m). Il allait ensuite remonter progressivement, d’un mètre par semaine environ. Pour les minéralogistes, il fallait profiter de l’occasion pour fouiller des berges qui ne sont accessibles que quelques jours par an.
En ce samedi ensoleillé, il n’y avait pas un souffle de vent et la température montait rapidement. Les eaux calmes du lac reflétaient parfaitement les montagnes du Champsaur et de l’Embrunais, encore coiffées de neige. Notre groupe a suivi Christophe qui se dirigeait vers un point précis des berges où l’on trouve des cristaux de calcite, de quartz et des pépites de chalcopyrite. Au passage, nous avons marché sur les ouvrages d’art de la ligne de chemin de fer Gap-Barcelonnette, construits en 1935 mais qui n’ont jamais été mis en service.
Vers midi, au pied d’une minuscule île boisée, nous avons trouvé quelques mètres carrés d’ombre pour pique-niquer. Un abri bienvenu dans ce grand désert de pierres écrasé par le soleil !
Après une après-midi de recherches minéralogiques, nous avons rejoint le camping de La Bréole, où nous attendaient nos bungalows. Après une douche salutaire, nous nous sommes rendus au village tout proche pour un déguster de délicieuses pizzas à La Cabane, un café-restaurant très convivial.
Après une nuit réparatrice, nous avons repris nos voitures pour nous rendre au nouveau site choisi par Philippe. Autre secteur, autre minéraux : cette fois, il s’agissait de trouver des pyrites. Le point positif, c’était qu’elles étaient faciles à voir, avec leurs éclats dorés qui contrastaient avec leur gangue de marne noire mate. Le problème fut d’extraire les fragiles nodules métalliques de leur roche encaissante, sans les casser bien sûr.
Au bout de quelques heures à manier la masse et le burin, le déjeuner fut le bienvenu. Une courte pause avant de reprendre ce chantier exigeant, où il fallait déchaîner toutes ses forces tout en contenant son impatience !
Après des efforts surhumains, nous avons réussi à arracher à la montagne quelques blocs de marne riches en pépites. Un butin que nous nous sommes partagés, tels des pirates de la pyrite.
Sortie au barrage de Serre-Ponçon du 4 au 6 avril 2026