Sortie organisée par Hugues Piolet. Commentaires géologiques : Geneviève Barbier. Photos : Bernard Senges, Pascal Germani et Geneviève Barbier.

Notre groupe se lançant courageusement à l’assaut du plateau de Saint-Restitut, à travers les grès du Burdigalien.

Cette sortie du dimanche 1er mars 2026 faisait suite à une mini-conférence donnée le 6 novembre 2025 à la réunion adhérents, consacrée à la riche histoire géologique et humaine du plateau de Saint-Restitut. Une partie de la conférence concernait le très ancien village troglodytique de Barry (commune de Bollène, Vaucluse), une autre était consacrée aux carrières de pierre (communes de Saint-Restitut et de Saint-Paul-Trois-Châteaux, Drôme).

La molasse calcaire blanche du plateau de Saint-Restitut, connue sous le nom de « pierre du Midi », a été exploitée comme pierre de construction depuis l’Antiquité. Bien avant le nucléaire, les carrières de pierre du Midi firent la prospérité des trois communes riveraines : Saint-Restitut, Bollène et surtout Saint-Paul-Trois-Châteaux qui connut une grande activité au 19e siècle, avant que l’exploitation ne cesse dans les années 1920.
Aux 17e et 19e siècles, des travaux pharaoniques furent entrepris pour extraire et transporter d’énormes blocs de pierre depuis le plateau vers la plaine, avec la création de deux funiculaires de plusieurs centaines de mètres de longueur, dont les rampes subsistent encore, et d’un réseau de chemin de fer privé.

Pour une description plus détaillée du massif de Saint-Restitut et des sites à visiter, voir notre dossier https://cesn2607.fr/2025/11/06/le-massif-de-saint-restitut-la-carte-interactive/. Vous y trouverez également la localisation exacte des lieux décrits dans ce compte-rendu de sortie.

Départ du village troglodytique de Barry, facilement accessible en voiture.
Les maisons restaurées et mises en sécurité par l’association Barry-Aeria, grâce à laquelle le village a pu être réouvert au public en 2025.
L’intérieur des maisons troglodytiques, qui sont en partie creusées dans le grès et en partie maçonnées.
Deux ruelles pavées en zig-zag permettent d’accéder aux habitations les plus hautes de la falaise.
La magnanerie de Barry. L’élevage du ver à soie fut très développé dans la région entre les 17e et 19e siècles.
Une ancienne citerne. On trouve dans le village les traces d’une gestion de l’eau particulièrement ingénieuse. (Merci à Pascal Germani pour nous avoir transmis un grand nombre d’infos sur Barry et les carrières Sainte-Juste.)
Depuis le bord sud du plateau, on découvre le canal du Rhône, la plaine du Tricastin et dans le lointain, les montagnes cévenoles.
Au-dessus de Barry, un mystérieux tunnel de 250 m de long zig-zague sous le château.
Les plus courageux du groupe n’ont pas hésité à traverser l’intégralité de ce tunnel ! Souterrain-refuge ? Simple aqueduc reliant une source au village ? Tunnel de captage de l’eau suintant des parois ? Plusieurs théories ont été avancées par les historiens.
Au-delà de Barry, près des fameuses Caves-Cathédrales, on rencontre les premières carrières souterraines de Sainte-Juste. Des blocs de pierre du Midi extraits depuis un siècle y attendent encore leur livraison.
Sur les parois des carrières souterraines, les ouvriers d’autrefois ont laissé des graffitis. Un buste de femme, des noms (Charlotte, Berthe Reboul…) et des slogans politiques : « Abat les Galinée les enpoisoneur de la république » (sic)…
À la pause-déjeuner, on ressort des photos du début du 20e siècle montrant le travail des ouvriers-carriers. D’autres images montrent les carrières Sainte-Juste, telles qu’elles étaient à l’époque de leur exploitation.
Les carrières souterraines, avec leurs piliers perdus et leurs quais de chargement le long de la voie ferrée, aujourd’hui disparue. Un peu plus loin, le ciel de carrière s’est effondré…
Une Semeuse, inspirée de la pièce de 50 centimes de 1897, sculptée sur un pilier par un carrier et jamais achevée.
À droite, les ruines du bâtiment du frein du funiculaire. Cet ouvrage de 1682 permettait de descendre les blocs de pierre du Midi depuis le plateau jusqu’à Saint-Paul-Trois-Châteaux, sur des charettes retenues par des cordes, le long d’un plan incliné en deux parties. À gauche, un rocher semble avoir été taillé en arrondi pour y ancrer solidement des cordages.
Le bâtiment du frein du second funiculaire, construit en 1861 par le baron du Bord, propriétaire des carrières à l’époque. Des wagonnets roulant sur un plan incliné de 850 m de long descendaient les pierres à Saint-Paul en 5 mn.
Visite du massif de Saint-Restitut